Restauration d'une carde "repasseuse" du début XIXème siècle

origine : Filature de Saurat en Ariège

Travaux effectués le 27 octobre 2001

Démarrage du tournage d'un cylindre "débourreur"

Le débourreur doit présenter une circonférence bien régulière sur toute sa longueur et bien positionnée par rapport à son axe de rotation afin de travailler sans à-coups.
Le chariot supportant l'outil de coupe est déplacé à l'aide d'une manivelle relié à une vis sans fin.


Travail de l'outil de coupe


 

Positionnement de l'outil de coupe.

Après une première course, l'outil de coupe est désolidarisé de la vis sans fin et repositionné pour un nouveau passage devant le cylindre.

Le cylindre ne tourne pas encore rond. Il va falloir refaire une coupe.

 

Évaluation du travail. La main experte du technicien glisse sur le bois et apprécie le travail effectué.

Détail de l'outil de coupe. Les copeaux enlevés ne sont pas bien gros, sinon le bois éclaterait.


 

3 passages ont été nécessaires pour rectifier le débourreur.
Retraités émérites, Jeannot et Jeannot, Techniciens Hautement Qualifiés de la filature, ont encore un peu de temps disponible à consacrer à la restauration de cette carde.

 

Ponçage : Malgré une régularité d'avancement de l'outil de coupe sur le cylindre, des petites bavures dues aux veines du bois apparaissent à la surface. Jeannot va fignoler le cylindre au papier verre d'un geste dont il a le secret.
Ce coup de main particulier, Jeannot le tient de son oncle, qui lui même le tenait de son aïeul.

 

Placage de la garniture. Le tour est polyvalent : après avoir servi à rectifier le diamètre du débourreur, une modification lui est apportée. Il est équipé d'un treuil à garnir.
L'appareil est vétuste, comme la plupart des machines exposées dans le musée. Avant de le mettre en service, la commission de contrôle vérifie s'il répond aux normes de sécurité. Raymond, perplexe, donne quelques tours de manivelle et donne le feu vert pour passer à la suite des opérations.

Jeannot, soucieux du travail bien fait,
surveille les gestes de Jeannot.

La fixation de la garniture sur le cylindre est une opération délicate. Après avoir défini la longueur que doit avoir le ruban pour recouvrir entièrement le cylindre, il est nécessaire de disposer le "bout' à fixer à l'extrémité et contre le bord du rouleau.
Deux méthodes de fixation peuvent être utilisées : en pointe ou par entaille. La méthode en pointe ayant la faveur de nos deux techniciens. Ils ont donc mesuré la circonférence du cylindre et effectué un tracé savant sur le ruban de garniture qui définit la pente à respecter. Le déboutage, qui consiste à enlever les pointes sur la zone définie, est effectué avec un outil approprié. Le ruban est alors prêt à être fixé sur le rouleau.

Raymond lui aussi veille au grain et fait tourner le cylindre pour que Jeannot puisse pointer correctement la garniture.

 

Tous les conseils sont bons.

Francis arrive à point pour donner son avis sur la façon dont Jeannot tient le marteau et tape sur les pointes.

Enfin, ça y est ! Le placage de la garniture va pouvoir commencer. Mais auparavant (comme le sportif qui visualise intérieurement les gestes qu'il va accomplir pour réaliser un exploit), Jeannot se concentre et simule les coups de marteau qu'il va devoir dispenser.

 

C'est parti ! dès que Raymond commence à faire tourner la manivelle, Jeannot positionne la garniture à l'aide du marteau à plaquer. En même temps la garniture est tendue par son compère Jeannot.

Attention aux doigts !

Raymond tourne la manivelle,

Jeannot tapote le ruban au marteau,

Jeannot tend le ruban.

 

 

Comme au XIXème siècle.

Le garnissage avance. Et dire qu'aujourd'hui, dans les filatures modernes ce travail s'effectue sans peine. La tension du ruban y est contrôlée par des appareillages électroniques, ...

 

Quel rendement !

cela fait 10 minutes que Raymond tourne, Jeannot tape et Jeannot tend.

 

C'est le bout !

Jeannot est fier du résultat, il félicite Jeannot de son exploit. La concentration avant l'effort a été payante.

Il suffit de fixer le bout du ruban sur le rouleau et, le garnissage est presque terminé.


L'aiguisage.

Cette opération permet d'homogénéiser la hauteur des pointes afin de ne pas fabriquer des produits défectueux. Une plaque garnie d'émeri est promené sur le cylindre en rotation.

D'autres méthodes plus pratiques sont effectuées aujourd'hui soit au cylindre aiguiseur, soit à la meule voyageuse.

14 juillet 2002

Enfin ça y est !

ça marche !